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Des espaces publics et collectifs plus accueillants grâce aux Contrats Ecole

Auteur externe
il y a 4 heures
5 min de lecture

Donatienne Deby (perspective.brussels)


En Région bruxelloise, le Contrat École propose une approche innovante de la revitalisation urbaine: faire de l'établissement scolaire un levier de transformation de son quartier. En améliorant les espaces publics et collectifs, en ouvrant l'école sur son environnement et en intégrant activement les élèves, les associations ainsi que les habitants aux projets menés, ils créent des lieux urbains plus accueillants, sûrs et vivants.


Réaménagement de la cour de récréation dans le cadre du Contrat Ecole Ulenspiegel ©perspective.brussels


Ouvrir : faire de l’école un équipement de quartier 

Pendant longtemps, l'école est restée un équipement relativement fermé sur lui-même. Alors qu’en réalité, le territoire de l’école ne s’arrête pas aux murs de l’établissement. Il englobe les rues, les espaces publics, les équipements et les parcours quotidiens des élèves. Pour cette raison, le Contrat École a été lancé en 2016 par le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale. 


Coordonné par le Service École et Vie Étudiante de perspective.brussels, ce dispositif considère l'établissement scolaire comme un véritable équipement de quartier. Il réunit autour d'un même projet écoles, pouvoirs organisateurs, communes, associations et habitants. Les projets combinent des investissements dans les bâtiments scolaires, des interventions sur l'espace public, des actions socio-économiques et un important travail de coordination entre acteurs. 


L’objectif n’est pas uniquement de réaliser des travaux d’infrastructure, mais de créer des liens durables entre l'école, ses usagers et son quartier. Cette ouverture passe principalement par une mutualisation des équipements scolaires en dehors du temps scolaire. Ainsi, des salles de sport, réfectoires, cours de récréation ou locaux polyvalents peuvent accueillir des activités associatives, sportives ou socio-culturelles. Dans certains projets, les écoles deviennent également des lieux de rencontre pour les habitants grâce à l'organisation d'ateliers, de fêtes de quartier, de permanences associatives ou d'activités intergénérationnelles. En s'ouvrant à de nouveaux usages, les établissements scolaires renforcent leur ancrage local et contribuent à enrichir l'offre d'équipements collectifs à l'échelle du quartier.


Apaiser : concevoir des espaces publics pensés pour les usages 

La phase pilote des Contrats École concernait trois écoles en Région bruxelloise : Léonardo Da Vinci à Anderlecht, Klavertje 4 à Bruxelles-Ville et Arc-en-Ciel à Saint-Josse-ten-Noode.  


Parmi les réalisations du Contrat École Léonardo Da Vinci figurent l’aménagement d’un théâtre de verdure, la réhabilitation du parvis et de la percée, avec l’installation d’un portique marquant l’entrée de l’école. Un travail de liaison entre les espaces extérieurs a permis d’optimiser l’utilisation des espaces disponibles libérant des surfaces dédiées auparavant à des zones de stationnement.


Dans le quartier Nord, le Contrat École Klavertje 4 a redonné vie à un abord d’école ludique et accueillant. Le nouveau parvis, l'élargissement des trottoirs, le parcours vélo et la végétalisation offrent aujourd'hui un espace plus sûr et plus convivial pour les élèves, tout en améliorant la qualité de vie des riverains. 


Via le Contrat École Arc-en-Ciel, des interventions ciblées dans la rue de l'Abondance ont amélioré la visibilité de l’école et sécurisé son environnement immédiat, offrant ainsi un cadre plus sûr aux élèves et aux riverains. 


Ces projets montrent aussi comment des aménagements pensés pour les enfants peuvent améliorer le confort quotidien de l'ensemble des habitants.


Projet Kablab, l'une des actions socio-économiques du Contrat-Ecole De Mot Couvreur ©La Ville de Bruxelles


Expérimenter : tester la ville avant de la transformer 

Les Contrats École ne se limitent pas aux investissements lourds. Ils permettent aussi d'expérimenter d’autres façons de fabriquer la ville. 


Au Contrat École De Mot-Couvreur à Bruxelles-Ville, par exemple, des actions d’urbanisme tactique ont permis de tester de nouveaux usages et d’engager collectivement la transformation des espaces extérieurs dans et hors des murs de l’école. Des ateliers de co-design ont réuni élèves, habitants et associations pour imaginer puis construire du mobilier urbain installé devant l’école et dans la cour de récréation.


Au Contrat École Atheneum Anderlecht, la co-construction de mobilier aux entrées de l’école, avec les élèves et les riverains, contribue à créer de nouveaux lieux d’échange et à renforcer la présence de l’établissement dans le quartier. Ces actions cherchent également à mieux relier les différents bâtiments et les publics qui les fréquentent : élèves de l’Atheneum et de l’Académie des arts d’Anderlecht, usagers des espaces polyvalents et habitants du quartier. À travers ces interventions concrètes, l’école devient progressivement un espace de rencontre et de connexion entre différents usages et publics.  


Ces réalisations temporaires servent autant à améliorer les lieux qu'à créer une dynamique collective autour du projet.


Co-construire : placer les usagers au coeur du projet 

Transformer un lieu, c’est aussi construire les projets avec celles et ceux qui l'utilisent.


Le Contrat École Ulenspiegel à Saint-Gilles illustre quant à lui l'importance de la participation. Les élèves ont été associés à la conception du réaménagement de leur cour de récréation, aujourd'hui largement végétalisée et organisée en différents espaces de jeux, de détente et de rencontre. 


Dans le cadre du Contrat École Champagnat, situé au cœur du quartier Helmet à Schaerbeek, la rénovation de la rue Richard Vandevelde concerne une grande diversité d’usagers. La commune a choisi de soumettre cinq scénarios de réaménagement à la discussion publique, élargissant ainsi la réflexion au-delà de l’école. Plusieurs moments participatifs ont été organisés : des soirées d'information publiques ainsi qu’une journée de mobilisation des classes des écoles situées à proximité ont permis de tester et de mettre en situation les différents scénarios envisagés pour la rue. Cette approche active et concrète a permis d’associer une plus grande diversité d’usagers habituels de la rue, y compris les enfants.


Cette implication permet de mieux répondre aux besoins et aux usages, tout en développant un véritable sentiment d'appropriation.

Contrat Ecole Léonardo da Vinci - Réhabilitation du parvis et de la percée ©WBE


Transformer : révéler des espaces plus accueillants… pour tout le monde 

L'expérience acquise à travers les Contrats École montre qu’investir dans des projets conçus pour améliorer le quotidien des enfants constitue un levier pour améliorer les espaces publics et collectifs pour tout le monde. Un trottoir élargi devant une école facilite aussi les déplacements des personnes âgées ou des poussettes.


En considérant l’école comme un élément structurant de son environnement plutôt que comme un équipement isolé, les Contrats École permettent d’articuler enjeux éducatifs, sociaux et urbains. La participation des élèves, des associations et des habitants contribue à faire émerger des solutions ancrées dans les usages, tandis que l’expérimentation et l’urbanisme tactique permettent de tester certains aménagements avant de les pérenniser.


Cette approche, qui place l’enfant au cœur de la conception de la ville, contribue à créer des quartiers plus sûrs, plus accessibles et plus vivants pour tous. Cette ambition est appelée à se poursuivre. La Déclaration de politique régionale du gouvernement bruxellois (2024-2029) prévoit l’intégration du dispositif des Contrats École dans le cadre d’une refonte réglementaire globale des outils de revitalisation urbaine.


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