top of page

La participation citoyenne : comment s'en servir dès la conception du projet?

  • Caroline Rondelle
  • 29 juin
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Rapport de notre urba-débat 10 du 7 mai 2026



Comment rêver nos villes et nos villages ensemble ? C’est le thème que la Maison de l’Urbanité a choisi d’aborder en ce deuxième trimestre de 2026. Face aux défis tels que les changements climatiques, les inondations, le besoin d’autonomie énergétique ou encore l’effondrement de la biodiversité, il est urgent de repenser nos usages du territoire. Pour ceux qui l’auraient oublié, comme le rappelle Bénédicte Dawance (MUBW), nous avons pour consigne de cesser toute artificialisation de sols agricoles, forestiers ou naturels d’ici 2050. Autrement dit, des milliers d’hectares vont être gelés.


Pour avancer, les communes doivent s’équiper d’outils adéquats, à l’image du Schéma de Développement Communal. Son élaboration exige un travail préalable en profondeur : analyser et comprendre la situation territoriale de la commune pour ensuite faire des choix fondamentaux ancrés dans les réalités locales de l’aménagement du territoire.. Après 2030, ces choix devront se traduire en action collective. Pour que ces changements soient réalistes, ils doivent être entrepris avec les citoyens. 


Participation citoyenne oui, mais comment ? Impliquer les citoyens dans les projets exige du temps, des ressources et surtout des méthodes éprouvées. Lors de cet urba-débat, nous avons demandé à deux expertes, Maureen Schmetz du bureau SEN5 et Chloé Mercenier du Collectif Ipé, de nous faire le récit de leurs expériences. À travers des projets de toutes tailles et des approches variées, nous tentons de définir des pratiques qui fonctionnent et qui sont réplicables. 


Tout d’abord, l’élément fondamental avant même de faire de la participation citoyenne est de bien comprendre jusqu’où le maître d’ouvrage est d’accord d’aller dans le processus participatif. En effet, c’est lui qui prendra toujours la décision finale. 

Différents niveaux de participation existent aujourd’hui :  

  • L’information : balades exploratoires, réunion d’information préalable (RIP), annonce de projet, …

  • La consultation : enquête publique, Commission consultative d’aménagement du territoire (CCATM), enquêtes en ligne, … pour recueillir des avis sur un projet défini.

Ces niveaux sont régis par la législation mais arrivent tard dans le processus de projet. Pour aller plus loin, il  existe également :

  • La co-construction : l’implication directe des acteurs ou des usagers dès la conception du projet (Le sujet de notre débat du jour).

  • La co-décision : par exemple, le vote citoyen sur le projet final, comme dans les budgets participatifs.


Plus le niveau de participation est élevé, plus il exige une ouverture d’esprit et un lâché prise sur l’issue du projet par les porteurs de projet et le maître d’ouvrage. Attention : sans projet, pas de participation ! Mobiliser les citoyens sans suite concrète risque de générer désillusion, méfiance, voire démotivation. La participation, en effet, engendre des responsabilités.


Ensuite, une participation citoyenne efficace commence par des citoyens bien informés. Il est absolument nécessaire que le cadre du projet, les limites, les contraintes et le rôle de chacun soient claires dès le début. L’aménagement du territoire est une matière complexe. L’idée n’est pas de faire des citoyens-experts mais de leur donner les bagages suffisants pour qu’ils comprennent comment se situer par rapport au projet. Par exemple, les projets d’aménagement du territoire sont souvent contraints à des délais longs. Une ligne du temps claire des étapes du projet aidera à une meilleure compréhension.


Enfin, même avec des critères de représentativité ou des tirages au sort au sein de la population, il est utopique de prétendre toucher l’ensemble des citoyens. Les formats traditionnels (réunions formelles, enquêtes techniques) excluent souvent beaucoup de monde : les personnes limitées par le temps, la langue ou encore l’accès au numérique. Cependant, il est possible d’ouvrir au maximum en variant les actions. Pour élargir la participation, le Collectif Ipé prône une approche de terrain : permanences sur site, communications adaptées (langues locales, supports variés, et collaboration avec les acteurs locaux (collectifs, associations). Ces relais, souvent sous-estimés, offrent des ressources précieuses pour affiner les diagnostics et cerner les besoins réels d’un maximum de citoyens touchés par le projet.


Ce débat a mis en lumière l’importance du cadre de la participation citoyenne. Du simple partage d’informations à la codécision, chaque niveau exige clarté, transparence et engagement. Pour éviter les désillusions, il est crucial de définir un cadre précis dès le départ, d’impliquer les citoyens de manière concrète et de leur donner un retour sur leur participation dans le-dit projet. Enfin, pour toucher un public large, il faut varier les formats et s’appuyer sur les acteurs locaux (associations, collectifs) et parfois même s’entourer de personnes aux compétences particulières (médiation, pédagogie, …).


Pour aller plus loin et découvrir comment appliquer concrètement la participation citoyenne quelle que soit l’échelle du projet, retrouvez l'enregistement du débat et les supports des intervenantes sur notre site internet. Un grand merci à Bénédicte Dawance (MUBW), Maureen Schmetz (SEN5) et Chloé Mercenier (Collectif Ipé) pour avoir élargi le champ des possibles !


Commentaires


Maison de l'Urbanité asbl 

rue du Vertbois 11, 4000 Liège   -   04 230 12 29

Agréée Maison de l'Urbanisme pour la région liégeoise
par le Gouvernement Wallon

  • LinkedIn
  • Youtube
  • Facebook
  • Instagram

© 2024 - Maison de l'Urbanité - Tous droits réservés

bottom of page